Chut. Tais-toi. Ne pose pas de question. Ne cherche pas à comprendre. Essaye de ressentir. Ne crois-en rien. Il n'y a rien. Suis-moi. Sois toi. Bonne route.

Chut.  Tais-toi.  Ne pose pas de question.  Ne cherche pas à comprendre.  Essaye de ressentir.  Ne crois-en rien. Il n'y a rien.  Suis-moi.  Sois toi. Bonne route.
Soyez les bienvenus!

Je vais me servir de ce petit bout d'espace virtuel pour entreposer les quelques textes qui germent dans mon esprit, sans prétention, juste parce qu'il faut que ça sorte. Je reste anonyme, sauf pour quelques personnes. J'apprécie la critique, qu'elle soit bonne ou mauvaise,
alors libre à vous de m'assassiner si vous le souhaitez XD
En espèrant que ce petit voyage dans les méandres de mon cerveau vous plaira!

D°o°d°o°


;;;;[ Ecris. Ecris pour ne pas imploser, que ce soit moche ou pas, tu t'en fous. Mets-y tes trippes, mets-y tes sentiments, mets-y le peu de force qu'il te reste. N'écris que pour toi, ne pense à rien d'autre qu'à ton droit à être égoïste dans ce seul domaine. N'écris pas pour la gloire, écris pour la beauté si tu le souhaites, mais écris avant tout pour toi. Parce que ces mots ne sortiront jamais de ta bouche comme ils devraient, crache les à la gueule du papier, fais de ton stylo un poing et de ta feuille un punching-ball émotionnel. Le monde tangible n'est pas fait pour toi, le monde littéraire non plus apparemment, alors créé le tien. ne le fais pas dans l'optique d'y recevoir des invités, fais en un refuge. Trouve dans la transe de l'écriture le confort qu'il te manque parmi les hommes. Cherche les minutes hors du temps pendant lesquelles tu n'es plus vraiment là. Fais des textes ce que bon te semble, essaye si tu le souhaites de leur donner une vie en y mettant la tienne, et dis-leur "bonne chance, si par hasard tu croisais sur ta route ce que je cherche sans le savoir, cela me suffirait, car c'est à travers toi que j'existe." ]



# Posté le mercredi 13 août 2008 12:24

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 15:49

Comme on joue aux cartes

Comme on joue aux cartes

::::::::Elle connaît les règles. Elle les a apprises malgré elle.
La porte du casino ressemblait à un grand couloir qui se traverse de 13 à 16 ans. Et puis, une fois qu'on se retrouve dans une ambiance enfumée, avec des lumières flashy et des relents de Jack D, plus le choix, il faut jouer. Parfois, elle en voit qui décrochent le jackpot, comme quoi, tout est possible, ça n'arrive pas qu'aux autres, qui sait...
::::::::Bluffer avec des sourires, miser avec des sentiments, sentir monter l'adrénaline quand certains gamblers se révèlent doués, être parcourue d'un frisson interminable lorsque l'on prend conscience qu'on serait prêts à faire tapis pour les beaux yeux d'un joueurs un peu plus malin que les autres, se laisser étourdir par la musique de fond qui reste la même lorsque les visages changent et qu'on aime parce qu'elle nous rassure même si elle nous rappelle qu'on est bloqués au pays des faux-semblants, caresser du bout des doigts les jetons qui passent de mains en mains, y prendre du plaisir et les échanger contre d'autres, c'est comme ça que ça marche.
::::::::Elle joue, elle joue, elle joue à n'en plus finir. Elle prend plaisir à brouiller les pistes, tout en sachant pertinemment qu'elle s'y perd elle-même. Les mots n'ont plus de sens, tout est dans le sous entendu qu'il faut feindre de ne pas entendre. Elle compare discrètement ses cartes à celles des autres poufiasses et à défaut de pouvoir les leur arracher des mains, elle va baiser leurs mecs à une autre table. Elle refuse de voir contre qui elle joue, il n'y a que des mains, des mains qui tiennent des morceaux de carton. Parfois elle regarde autour d'elle, elle réalise que tout ce qu'elle aperçoit n'est qu'artifice. Alors elle avale d'une traite la fin de son whisky et replonge dans le jeu avant d'avoir mal, comprenez une douleur violente, parce que celle qui est lancinante et sans remède, elle connaît.
::::::::Et puis un soir, elle s'est retrouvée avec le roi de c½ur dans les mains. Il ne voulait plus quitter sa paume, il lui a promis de l'emmener loin de tout ça si elle le gardait avec elle. Elle l'a glissé dans son soutien-gorge, coté c½ur, et l'a emmené de partout avec elle. Il lui disait les mots que personne ne lui avait dits auparavant, il était plus tendre et plus gentil qu'aucun autre, il lui faisait des serments auxquels elle voulait croire. Plus besoin de rejoindre les autres autour d'un tapis de jeu. Il lui suffisait à lui seul.
::::::::Mais sa chaise restait vide et les joueurs s'impatientaient. Elle avait des dettes et des parties inachevées. Alors il a fallu qu'elle recommence à jouer, juste un peu, elle s'est menti. On ne se détache jamais d'une manière de vivre. C'était comme si rien ne s'était jamais arrêté, on retrouve vite les vieux réflexes.

::::::::Le roi de c½ur s'est fait la belle avec la reine de c½ur. Il parait qu'ils vivent heureux bien loin de l'infernal paradis du jeu. Mais avec un ½il averti, on peut les voir roder autour des tables de Black Jack tard le soir, déguisés et jamais ensemble.
::::::::Quant à elle, elle joue encore, ça va bientôt finir par lui brûler les yeux et lui arracher les mains, le c½ur on n'en parle même pas, ça fait bien longtemps qu'elle l'a parié et qu'il s'est retrouvé éparpillé au fond des poches de quelques dizaines d'amants qui ne l'aiment pas, mais qui aiment jouer, tout comme elle, enfin, c'est ce dont elle s'est persuadée.

::::::::Et tout ça, c'est parce qu'ici, c'est pour tout le monde pareil. Ici, on s'amuse, on baise et on vit comme on joue aux cartes.

# Posté le mercredi 13 août 2008 15:00

Pluie

Pluie




Dehors, le paysage est devenu pluvieux,
Et il n'est que cette pluie qui attire mes yeux.

M
es yeux, désormais asséchés de tout sanglot,
Vides et sombres, se complaisent à la vue de cette eau.
Mon être jalouse le ciel de s'épancher librement,
Lui qui s'éloigne de la souffrance en la cachant.
Mon c½ur s'étouffe de ma propre douleur, en meurt,
Se noie dans le liquide intérieur de mes peurs.
M
on âme s'alourdie, je suffoque.
L
e ciel s'obscurci, et se moque.

D°o°o°::::::::::::::::





# Posté le mercredi 13 août 2008 15:13

Nouvelle citronnée

Nouvelle citronnée

:::::::C'est toujours comme ça : un dernier verre, une dernière clope, un dernier regard vers le comptoir. Elle s'imaginait déjà sont lit froid en rentrant, l'acidité dans son estomac pour toute compagnie, elle savait qu'elle allait prendre un taxi, instant glauque en compagnie d'un inconnu, tous deux confinés dans l'espace clos qu'on appelle une voiture, affronter la froideur d'une soirée d'hiver, monter les escalier et s'écrouler dans les draps vides. C'était toujours comme ça.
:::::::Seulement cette fois elle avait décidé que ça ne se finirait pas comme d'habitude, ça allait se finir vraiment, une réelle apothéose, The End comme on dit, avec du sang et des larmes comme dans les films. Le grand saut. Celui qui mène du vide à la terre ferme en un quart de seconde.
:::::::Elle a pris son taxi, les yeux dans le vide, comme prévu, mais arrivée chez elle, elle n'est pas montée par les escaliers habituels, elle a pris les autres, ceux qui mènent sur les toits, lorsqu'elle les a vue la première fois, ça lui a fait penser à un film, Pretty Woman, ça l'a fait rire, un de ces rictus amères qu'elle ne connait que trop bien. Une marche, puis deux, puis trois... ainsi de suite. Enfin le toit, plat, avec une vue magnifiquement gerbante sur la ville qui dort, qui pleure, qui boit, qui meurt. Le vent dans ses cheveux, glacial, comme un claque majestueuse dans la gueule, une de plus, une bénéfique c'était déjà ça, en tout cas l'ultime.
:::::::Regarder le sol, il attitre, il effraie, le dernier amant sera de goudron. Avancer vers le rebord, sentir le vertige, cette incroyable sensation qui vous enveloppe toute entière, et penser. Penser une dernière fois à la vie, pâle existence remplie de rien, main dans la main avec un fantôme venu du fin fond d'un esprit torturé, se rappeler les jours et le nuits passés à essayer de combler le vide assassin, remplacer chaque homme, chaque poison, chaque rêve par un autre pour se faire croire à un certaine diversité, une multitude exaltante, au fond, du remplissage inutile, une fois, c'est toutes les autres, ce n'est rien, la répétition n'entraine que l'uniformité, rien ne varie, tout se répète, alors s'il faut sortir des rangs, autant le faire en beauté, du haut d'un toit, alcoolisée, droguée, chacun sa notion du beau.
:::::::Le beau n'a été pour moi que le trésor enfoui sur l'île merveilleuse de mes fantasmes, et en même temps, une excuse à mes déboires, une cuite avec pour alibi un désir d'élévation spirituelle et de vérité ça passe toujours mieux vis à vis de soi même qu'une envie avouée de s'enfuir hors de soi même parce qu'on se déteste profondément, et que, le chemin vers l'autodestruction étant déjà tracé et entamé, une murge de plus une murge de moins, c'est kif kif.
:::::::Elle avance un peu plus. La peur l'embrasse comme personne ne l'avait jamais embrassée, et pourtant elle en avait vu des bras, pas les bons, c'est tout. Le paysage tourne, elle tremble, froid, alcool, peur, elle se sent plus faible et à la fois plus forte que jamais, à demi nue au-dessus de la ville, une reine bafouée. Est-ce que ça va faire mal? Est-ce que finalement la vie n'en vaudrait-elle pas le coup?
:::::::Un son électronique, une sonnerie de portable, le signal virtuel d'un pensée humaine traduite en ondes puis en son ou en lettres sur un écran, comme une envie de gerber. Elle sort l'appareil de sa poche, une secousse dans sa main, il va s'écraser lamentablement au sol. Larmes. Inutile de le rattraper, demi-tour, honnêtement, la frousse, la vraie, celle qui vous prend aux trippes et vous paralyse, un faux pas et puis, c'est la chute.

D°o°d°o°

# Posté le mardi 19 août 2008 08:05

"Oh baby, baby, it's a Wild World"

"Oh baby, baby, it's a Wild World"

Sourires figés en paravents
Ils se mentent grinçant des dents,
Se crachent à la gueule sans cesse
Des compliments, des politesses.

A l'atelier des confessions
Ils distillent d'aigres poisons,
Rient en noyant dans la salive
Leurs amitiés à la dérive.

Dans le bordel où ils se pâment
Ils prostituent leurs tristes âmes,
Font commerce de sentiments,
Echangent aimants contre amants.

Loin de la critique gratuite
Ils étudient les statistiques,
Etablissent quelques constats,
Qui a fait ci, qui a dit ça ?

A la recherche de boussoles
Ils sèment leur or à l'école
Prônent des m½urs cotées en bourse,
Leur conn'rie n'est pas sans ressource.

En beaux clichés photoshopés
Ils créent un monde pixélisé,
Cajolent la loi de l'image :
Ne jamais paraître trop sages.


:::::::::::::::::::::::::::D°o°d°o°


# Posté le vendredi 07 novembre 2008 13:28

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 13:46